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Les DVD qu’on peut ne pas acheter

14 June 2004 | 673 words

Vous êtes extatique ! Le classique dont vous attendiez la sortie sur DVD est enfin arrivé sur les étals de votre détaillant préféré. Fébrile, vous payez la rondelette somme généralement exigée pour ces DVD peu rentables, car destinés au public restreint dont vous vous targuez de faire partie (“Steven Seagal fera toujours commercialement mieux qu’Ingmar Bergman” aimez-vous à déplorer lors de vos conversations mondaines). Sur le chemin du retour, vous salivez à la seule pensée de revoir d’immortelles images dans le confort douillet et sécuritaire de votre domicile. Mais ô désastre ! C’est la déception qui est au rendez-vous : l’édition DVD n’est qu’une pâle réminiscence de votre film chéri et n’exploite que peu ou pas les possibilités permises par sa technologie. Alors vous fulminez contre les responsables de votre déconvenue vidéographique, des gens certainement incultes, cupides et numériquement ignares. Puis, constatant votre impuissance (le boîtier est ouvert, donc non retournable), vous décidez de noyer votre chagrin dans la location honteuse d’un film prétentieux qui flatte la rétine, mais encourage la paresse intellectuelle (punch drunk love, adaptation, etc…). Devant tant d’argent gaspillé pour dire si peu, vous déprimez absolument et vous allez vous coucher. Malheureusement, votre sommeil est agité par un horrible cauchemar : sanglé à votre siège de cinéma tel Alexander de Large dans a clockwork orange, vous êtes contraint de regarder forrest gump en boucle, pendant qu’un critique de cinéma du Journal de Montréal met des gouttes de solution saline dans vos yeux mécaniquement écarquillés…. Pour vous éviter ce genre de déboires, voici donc une liste (non-exhaustive) de DVD qu’on peut ne pas acheter :

dersu uzala (1975)
d’Akira Kurosawa (Kino Video)
Kurosawa au sommet de son art dans son seul film soviétique : trois ans de tournage, images somptueuses de l’immensité sibérienne, musique céleste, mise en scène impeccable d’une histoire simple et extraordinaire à la fois. Bref, un chef d’œuvre. Le DVD est une véritable calamité : copie d’origine en piètre état, transfert douteux, son mono grelottant, image non optimisée 16:9, suppléments inexistants et tout ça pour 60 $ !


yojimbo (1961) sanjuro (1962)
d’Akira Kurosawa (Criterion)
La courte mais ultra divertissante saga du samouraï errant qui inspira Sergio Leone. Un vrai délice. Mifune est impérial dans le rôle du justicier sans dieu ni maître qui cogne et embroche, mais avec discernement. Kurosawa fait ici la preuve que l’on peut faire du populaire sans niveler par le bas. Hélas, pour 46 $ par film, Criterion nous passe un sapin : les copies utilisées n’ont pas été restaurées, les images sont neigeuses et la bande-son pluvieuse (surtout dans yojimbo). Peu ou pas de suppléments, les infos sont à chercher dans le livret d’accompagnement. Enfin, aucun des deux DVD n’est optimisé 16:9.


il bidone (1955)
de Federico Fellini (Image Entertainment)
Deuxième de la trilogie de la solitude et caractéristique de la période néo-réaliste du maître, “il bidone“ est un film indélébile. Lamentables pérégrinations d’un escroc de ligue mineure à l’automne de sa vie, cette histoire atrocement humaine nous raconte des pauvres qui sont des loups pour leurs semblables. Le DVD est catastrophique à tous points de vue : image et son pourris, pas de suppléments. Une vraie honte pour laquelle il faut tout de même débourser 40$ !



cyrano de bergerac (1990)
de Jean Paul Rappeneau (Crystal Films)
Crystal Films est une entreprise d’ici qui s’est spécialisée dans les transferts de mauvaise qualité à des prix abusifs (35$). L’image magnifique de Rappeneau subit ici un massacre en règle. On en vient à regretter du VHS en pan & scan ! Enfin, oubliez les suppléments, Crystal ayant eu la bonne idée de ne pas en mettre.



Voilà. Si vous aussi avez des “DVD qu’on peut ne pas acheter” à suggérer, n’hésitez pas à me les communiquer.



http://articles.synoptique.ca/dvd_transfer/


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