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Festival du nouveau cinéma 2004
- The sky is the limit!

Ayant assisté à plusieurs des éditions précédentes du Festival du nouveau Cinéma, je peux affirmer que cette 34e édition du festival a été un franc succès. Alors que d’une part le festival a permis aux cinéphiles plus ou moins avertis de (re)découvrir les maîtres du cinéma tels Almodovar, Ozon, Kiarostami et Depardon pour ne nommer que ceux-ci, le festival a également présenté une sélection très forte de premiers longs métrages et de longs métrages faits par des réalisateurs émergents. Le festival a en tout présenté une centaine de films, desquels j’en ai vu près de la moitié.

Évidemment, le fait de voir 51 films en quinze jours est avant tout un acte masochiste. Littéralement. Certaines journées j’arrivais au festival pour une première projection à neuf heures du matin et je ne ressortais de l’enceinte du festival que vers les une heure du matin. Je suis donc allé à certains visionnements à contrecœur, affamé et à moitié endormi. Par ailleurs, vers la fin du festival, les films de deux heures semblent devenir interminables et les films pour lesquels on n’accroche pas deviennent insupportablement difficiles à regarder. C’est alors qu’on se demande pourquoi on s’inflige un tel châtiment. De plus, alors que quelqu’un qui ne voit que cinq ou dix films au cours du festival peut se permettre de choisir méticuleusement, il n’y a pratiquement aucune sélection possible lorsqu’on en voit cinquante. Le fait d’avoir un horaire optimum qui permet de voir le plus de films possible prend le dessus sur la sélection des meilleurs films. Je suis donc tombé sur un certain nombre de navets. Mais, le maso que je suis, n’a pas le choix de voir tant de films. En effet, peut-être qu’on regretta toute l’année suivante d’avoir manqué un certain film, surtout si l’on apprend par l’entremise d’un autre festivalier qu’il est très bon. Pire encore : ce sentiment d’avoir manqué un bon film sera accru si le film est sélectionné aux oscars ou dans une cérémonie d’envergure.

Le but est donc de voir le plus grand nombre possible de films afin de potentiellement tomber sur un film qui va nous marquer. Ironiquement, ce besoin quelque peu maladif de voir tous les films nous force également à voir les films mauvais s’ils ont reçu beaucoup de couverture. C’est notamment pour cette raison que je suis allé voir L’Intrus de Claire Denis. Comme le film a été hué au festival de Venise lors de sa représentation et comme je n’ai pas aimé son dernier film non plus, les chances étaient que je n’aimerais pas non plus ce film. Je suis tout de même allé voir ce film comme s’il y avait une infime chance que je l’aime. J’avais entendu qu’il n’était pas bon, mais je n’en étais pas sûr. Maintenant si! Quand, quelques jours plus tard, un des journalistes s’est plaint à un des programmateurs d’avoir sélectionné « une marde pareille », je ne pouvais qu’agréer avec fierté dans ma tête.

Ce genre de ‘pari’ peut s’avérer très infructueux comme dans l’exemple précédent. Cependant, plusieurs films que je pensais ne pas aimer ou que j’ai seulement sélectionnés afin de remplir un trou dans mon horaire se sont avérés de très belles surprises. C’est notamment le cas du film Public Lighting que je pensais ne pas aimer et Antares que j’ai pris comme ‘bouche-trou’. Les deux films se sont révélés très bons et figurent parmi ma liste des meilleurs films du festival.

Perché du haut de la mezzanine de la salle de presse du festival, je ne pouvais m’empêcher de regarder la foule de cinéphiles s’agglutinant à l’intérieur de l’Ex-Centris plusieurs dizaines de minutes avant le début de leur film dans le but d’obtenir une bonne place. Les files d’attente sont parfois longues au festival et les deux cinémas dans lesquels le festival se déroulait sont à une dizaine minutes de marche l’un de l’autre. Cela signifie par définition qu’au moins à deux ou trois reprises le cinéphile aguerri devra faire un sprint de deux minutes ou moins vers l’autre cinéma. Les files sont moins longues que les interminables, mais ô combien jouissives, files d’attentes du Festival Fantasia qui commencent souvent deux heures avant le film. Bien entendu, la distance de dix minutes à pied entre les deux cinémas n’est pas énorme non plus comparée au Festival International des Films de Toronto qui a ses deux cinémas aux deux extrémités de la ville. Le Festival du nouveau Cinéma n’est donc pas un festival difficile à fréquenter. Cependant, il n’en demeure pas moins que c’est un festival très exigent pour un cinéphile qui voit plusieurs films par jour – surtout si ce pauvre cinéphile a cinq films en rafale dans le cinéma du Parc dans le sous-sol d’un centre commercial à l’abri de tout rayon de soleil!

Plusieurs critiquent le festival pour ces (bien minces) inconvénients. Par ailleurs, comme Claude Chamberland (le programmateur du festival) a bien à cœur la distribution de films étrangers au Québec et qu’il fait beaucoup de lobbying pour que ces films trouvent un distributeur; la majorité des films qu’ils vont voir au festival vont sortir en salle au cours de l’année suivante. Pourquoi se casser la tête à acheter des billets, faire de longues files d’attente, se sentir bousculé et subir le stress inhérent à tout festival alors que dans quelques mois, ou même dans quelques semaines, le même film sera présenté dans une salle dans un contexte beaucoup plus détendu.

Bien que cet argument soit valide, ces gens semblent oublier que le festival reste avant tout un événement de 10 jours qui permet aux cinéphiles de faire un marathon de cinéma. Tel qu’abordé précédemment, il y a certes un certain aspect masochiste dans le fait de regarder 51 films à un festival, cependant le festival réussit très bien à créer une ambiance particulière que les spectateurs ne pourront pas retrouver alors qu’ils iront voir le film dans un cinéma ordinaire. C’est cette ambiance, probablement la meilleure parmi tous les festivals du genre à Montréal, qui fait que les gens iront voir 3, 4, 5 ou même 8 (dans mon cas) films par jour au festival. Pendant 10 jours, la Terre arrête de tourner, nos préoccupations quotidiennes cessent et on se trouve plongé dans un univers parallèle rempli de surprises, de découvertes et de nombreux coups de cœur. On ne peut pas revivre cette ambiance quasi magique en dehors du festival. Malgré le dolorisme inhérent au fait d’aller si intensivement au festival et malgré le fait que j’étais physiquement et mentalement épuisé, le premier matin post-festival j’avais déjà hâte à l’édition suivante! Et, je vais d’ailleurs encore faire le même type de marathon—tout en essayant de voir encore plus de films que cette année. The sky is the limit!

La programmation

Cet intense marathon de 51 films a, fort heureusement pour moi, commencé bien avant le début du festival. Les visionnements de presse ont débuté près de deux semaines avant le début officiel du festival. Cela m’a permis de voir près de 15 films avant tout le monde. Il fait toujours bon de quitter la maison à 7:30AM pour aller voir 3 visionnements de presse d’affilés! Bon, peut-être pas, mais cela permet aux journalistes d’avoir un avant-goût de la programmation du festival avant qu’il ne commence. C’était un avant-goût plutôt amer. Il faut dire que la majorité des visionnements de presse précédant le festival n’étaient pas pour la plupart de réalisateurs de renom et étaient généralement des films de moindre importance par rapport aux œuvres plus connues et plus attendues. Donc, alors que le Festival du nouveau Cinéma présente habituellement de très bons films et que les attentes des journalistes habitués au festival étaient très hautes, un certain climat de morosité et de cynisme régnait parmi les personnes présentes lors de ces deux semaines de visionnements de presse. La qualité des films à laquelle on était en droit de s’attendre n’y était tout simplement pas. Était-ce une mauvaise année pour le cinéma international? Mais où étaient donc ces grands films tant attendus? Qu’à cela ne tienne, les grandes œuvres ont commencé à déferler en grand nombre quelques jours avant le début officiel du festival avec des films comme Innocence, Mirage (Iluzija) et Les Tortues volent aussi (Lakposhtha Hâm Parvaz Mikonand).

Évidemment, le fait d’aller aux visionnements de presse a plusieurs avantages. Outre le fait que l’on puisse voir un nombre accru de films par rapport au commun des mortels, cela nous permet d’éviter les salles remplies. De plus, comme on évite les files d’attente et les bousculades dans le lobby du cinéma; aucune interaction avec le public n’est toutefois pas possible. Il ne faut pas le nier; le lieu où l’on regarde le film va grandement changer notre lecture du film selon le type d’audience présente au visionnement. La relation avec le festival change donc et l’on est moins susceptible de rencontrer divers problèmes techniques et pratiques (panne informatique aux guichets, longues files d’attente, …). Ce sont ces problèmes qui frustrent bien des gens et qui minent en quelque sorte leur expérience du festival.


The Adventures of the Iron Pussy

Les nouveaux arrivés parmi l’équipe du festival ont tenté d’élargir ses horizons. La sélection des films cette année s’est en effet avérée des plus diversifiée. Par exemple, le festival s’est permis d’offrir aux spectateurs une série de films plus étranges les uns que les autres dans une nouvelle section appelée « temps zéro ». Dans cette section, le festival a osé présenter des œuvres folles d’Asie. The Fuccons – concernant une famille de mannequins en plastique – ainsi que la comédie musicale thaïlandaise The Adventures of the Iron Pussy sont tous deux des exemples de ces films électrisants auxquels les purs et durs du festival ne s’attendaient pas. Plusieurs films de cette section ont d’ailleurs été présentés dans le très féquenté(!) cinéma L’Amour. J’ai eu la chance de voir le film The Adventures of the Iron Pussy une fois au cinéma du Parc et une seconde fois au très chic cinéma l’Amour—m’étant malencontreusement endormi durant la première séance du film. Alors que l’audience de la première représentation était plutôt calme, l’audience du cinéma l’Amour était très volubile! L’ambiance n’était pas aussi chaude que celle des présentations déchaînées au théâtre Hall durant le festival Fantasia, mais néanmoins, il y avait beaucoup plus d’ambiance que ce que l’on voit habituellement au festival.

Je ne saurais trop dire si cette entreprise quelque peu périlleuse a été fructueuse ou non, mais soulignons que la qualité de la sélection au sein de la section « temps zéro » aurait sans doute pu être meilleure. Ceci n’est pas pour dire que ces films n’ont pas leur place dans un festival comme le Festival du Nouveau Cinéma. Certains films de cette section valaient le détour. Par exemple, tout droit venu du Festival de Cannes, le film Calvaire qui suit les péripéties d’un chanteur, kidnappé par un groupe de villageois détraqués et à la mine patibulaire, en a ébranlé plus d’un au festival. Le film n’est sans doute pas aussi réussi que les films phares du genre tels Délivrance ou Misery, mais il n’en demeure pas moins un film très angoissant et bien réalisé. Il ne fait aucun doute que la majorité des films présentés dans cette section auraient sans doute pu trouver un meilleur public à Fantasia. Par exemple, lors d’une des représentations de Calvaire, plusieurs personnes sont sorties. Le film aurait été parfait pour Fantasia et aurait sans doute rempli la salle de gens qui voulaient voir du sang et qui s’attendaient à un tel film. Les attentes ne sont pas les même au Festival du nouveau Cinéma.

Plusieurs autres sections figuraient dans la programmation cette année. Le festival a par ailleurs également offert une très forte sélection de documentaires. Outre quelques flops monumentaux dont Darwin’s Nightmare (les autres personnes au visionnement de presse étaient pour la plupart de mon avis), la section des documentaires était très bien réussie. Plusieurs documentaires se sont d’ailleurs démarqués du lot. C’est notamment le cas du film Le Maître et son Élève (De Meester En Zijn Leerling) qui suit trois chefs d’orchestre qui assistent à une « master class » donnée par le très réputé Valerie Gergiev. Un autre documentaire très bien réussi est Public Lighting du canadien Mike Hoolbloom. Comme certains de ses films précédents, Public Lighting est un assemblage d’images disparates, empruntées ou originales. Les six histoires du film ne sont pas toutes réussies, mais le film fonctionne très bien et est un adroit mélange entre documentaire et cinéma expérimental.

De façon générale, la sélection du festival a été très bonne, comme à chaque année d’ailleurs. Ce n’est en fait pas tant la sélection des films de ce festival que la remise de prix qui est discutable. La sélection est très bonne, très variée et fait découvrir aux spectateurs une multitude d’œuvres. La sélection des films gagnants laisse toutefois beaucoup à désirer. Bien que le festival ne soit pas directement impliqué dans la sélection des meilleurs films dans les diverses catégories, il est fort à parier que les organisateurs pourraient faire quelque chose pour améliorer la situation. Cette année par exemple, dans le volet documentaire, l’ONF a remis le même prix à 5 films qu’elle a jugés ex æquo. C’est quelque peu risible, surtout que l’un des films, Darwin’s Nightmare, est un échec majeur et laisse grandement à désirer. Les quatre autres films sont effectivement très bons mais au point à remettre cinq prix ex aequo? Les autres aspects du festival ont été très bien réussis et l’organisation fût presque impeccable.

Une diversité pas si diversifiée ?


Mirage (ILUZIJA)

Malgré toute la diversité de la programmation et la multitude de pays ayant soumis des œuvres, plusieurs lignes unificatrices peuvent être faites parmi les films. Une de celles-ci, la plus forte sans doute, est la misère humaine et l’aliénation des personnages par rapport au reste de la société. Nombre de films ont montré la misère humaine de façon parfois très crue. Les films d’auteur ont depuis toujours abordé des sujets souvent plus délicats que les films d’action typiques qui ne sont que bien souvent des véhicules pour l’autopromotion des vedettes. Cependant, dans les éditons précédentes du festival, le nombre de ces films sur la misère humaine était très limité et ces films n’occupaient pas une part importante de la programmation. Seuls quelques films lors des années précédentes abordaient le sujet dont notamment Un Temps pour l’Ivresse des chevaux (2000) et Hundstage (2001). Le festival a été submergé de ce type de film cette année. Près de quinze films cette année dont celui d’ouverture (Clean) sont des films troublants sur l’état de la société. Il s’agit d’un pourcentage très élevé. Clean présente cela dans un contexte beaucoup moins cru mais l’on suit néanmoins les péripéties et le quotidien difficile d’une droguée qui essaie de reprendre la garde de son jeune fils. Les films québécois, quoiqu’en général n’abordent pas de tels sujets, ont également représentés cette tendance avec l’excellent Jimmywork notamment. Mélange entre film noir, documentaire et film de crime, Jimmywork suit les péripéties d’un quinquagénaire ivrogne vivant dans les marges de la société. Plusieurs autres films ont montré ce genre de misère de façon beaucoup plus crue et dure. Les films comme Mirage (version de Les Choristes sur l’acide!), avec leurs factures stylistiques très léchées et les films comme Or, Mon Trésors avec un style plus réaliste font tous fois de difficultés humaines dans notre société moderne.

Bien que plusieurs raisons puissent expliquer la croissance de ce type de cinéma, la libéralisation accrue des méthodes de production explique sans doute en partie pourquoi maintenant chacun veut (et peut) partager sa déprime avec le monde. Disons que cet énoncé pousse le phénomène à l’extrême mais plusieurs films sont ni plus ni moins qu’un tel ‘partage’. C’est le cas du film Tarnation. Dans ce documentaire, un jeune vivant avec sa mère schizophrénique se filme et filme sa famille depuis qu’il a l’âge de 11 ans. Ce film montre les moments les plus forts de sa vie qui sont bien souvent les plus tristes. Nul besoin de dire que le film est des plus perturbant!

Il est très intéressant de se rappeler qu’après les conflits mondiaux est souvent venu un certain cinéma d’échappement. Par exemple, dans les années soixante-dix les gens voulaient oublier la guerre du Vietnam. Les studios ont très vite compris ce besoin et ont beaucoup misé sur les films axés sur les succès d’un personnage. Rocky, Jaws ainsi que Star Wars sont parmi les films les plus connus sortis de cette tendance. Le cinéma indépendant et le cinéma d’auteur ont bien souvent été à l’abri de ces tendances. Les films du Nouveau Cinéma allemand en sont sans doute le meilleur exemple. Avec la libéralisation accrue des moyens de distributions, ces films auparavant inaccessibles au public nord-américain sont maintenant plus disponibles que jamais. La programmation des festivals montréalais reflète donc forcément cette tendance.

Le Festival du nouveau Cinéma a aussi un certain penchant pour le sexe—ce qui permet de faire un certain contrepoids à tous ces films difficiles! Parmi ces films il y avait notamment Annie Sprinkle’s Amazing World Of Orgasm, History of Sex ainsi que plusieurs films de fictions controversés comme 9 Songs et Anatomie de l’Enfer. À chaque année le festival a son lot de films sexuellement explicites. Ainsi, O Fantasma, Du pic au cœur et plusieurs autres films ont été projetés sur les écrans de l’Ex-centris ces dernières années. Cette tendance ne change pas, peu importe le contexte sociohistorique!


Annie Sprinkle’s Amazing World Of Orgasm

Sur une note plus sérieuse, très peu de comédies ont été présentées cette année. Le succulent Aaltra contrebalance à lui seul tous les films déprimants que le festival a présentés. Il s’agit sans équivoque d’une des meilleures comédies que j’ai vu au cours de ces dernières années. D’autres semblants de comédies ont été présentées au festival. Un des échecs les plus retentissants est sans doute le film The Adventures of the Iron Pussy de Apichatpong Weerasethakul. Les premières minutes du film sont désopilantes mais le tout devient vite lassant. Alors que Pen-ek Ratanaruang est passé maître dans ce type de cinéma, Weerasethakul ne réussit malheureusement pas à suivre ses traces correctement. De plus, avec toutes les comédies thaïlandaises désopilantes produites cette année (Mum Jokmok, 7 pra-jan-barn, …), il est surprenant que le festival ait choisi celle-là! The Adventures of the Iron Pussy fait lui aussi parti de la section « temps zéro ».

Les festivals à Montréal

Plusieurs festivals de cinéma (Toronto, TriBeCa, …) ont dans leur programmation une telle section dédiée aux films d’horreur et bizarre. Mais l’on ne peut s’empêcher de constater que le Festival du nouveau Cinéma en voulant élargir ses horizons semble s’étaler sur les platebandes des autres festivals de Montréal. Cela n’est pas une mauvaise chose en soit car ça pousse les divers festivals à rehausser la qualité de leur programmation respective. Ce n’est pas non plus un problème pour les cinéphiles qui se retrouvent face à une programmation de meilleure qualité et face à une plus grande sélection de film. Là où ça peut devenir un problème, c’est au niveau de la diffusion du film lui-même. Prenons par exemple le film Last Life in the Universe du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang. Il a été présenté à Fantasia au lieu du Festival du nouveau Cinéma. Plusieurs personnes à Fantasia ne l’ont pas aimé, car ils ne sont pas habitués à ce genre de films au festival. À l’opposé, plusieurs personnes intéressées par ce genre de films l’ont raté car ils n’ont daigné regarder l’horaire de Fantasia puisque ce festival présente surtout des films fantastiques et d’horreur. Il y a plusieurs autres exemples de films qui auraient gagné à être à un festival plutôt qu’à un autre.

Que ce soit Calvaire au Festival du nouveau Cinéma ou Last Life in the Universe à Fantasia, ces exemples montrent bien comment la réception d’un film change selon le festival où il est présenté. Que dire des nombreux films de très bonne qualité présentés à Image + Nation (le festival gai et lesbien de Montréal) comme le film Beautiful Boxer. Plusieurs personnes les manquent, car ils ne fréquentent pas ce festival. La qualité de la programmation à Image + Nation ne cesse de s’accroître à chaque année et tous les amateurs de cinéma devraient y aller peu importe leur orientation sexuelle.


Calvaire

La solution n’est certainement pas d’unir tous les festivals dans un seul festival de dix jours, car les spectateurs auraient un nombre faramineux de films à voir dans un cours laps de temps. Une des solutions possibles serait d’avoir une meilleure cohésion entre les festivals et une meilleure éducation auprès du public.

Non ! Fantasia ne présente pas juste des films de monstres et de Kung Fu. Non ! Image + Nation n’est pas qu’un festival « pour tapettes ».

Les autres festivals plus petits (tel le Festival du Film juif, polonais, italien, etc) sont nécessaires à Montréal car le Festival du nouveau Cinéma ne peut à lui seul présenter 50 films gais, 50 films juifs, 50 films polonais, etc. Cependant, il semble vraisemblable que ces festivals gagneraient à avoir une meilleure association avec le Festival du nouveau Cinéma afin que leur visibilité soit rehaussée—ne serait-ce qu’une association au niveau du marketing.

Le futur du Festival du Nouveau Cinéma

Le prochain Festival du nouveau cinéma aura lieu du 13 au 23 octobre 2005. C’est la seule chose qui est sûre.

Il y a quelques semaines à peine, le festival a déposé auprès de la SODEC et de Téléfilm Canada une soumission d’un projet d’expansion visant à doter Montréal d’ici 2007 d’un festival d’envergure internationale. « Le Festival du nouveau Cinéma de Montréal, le doyen des festivals internationaux de cinéma au Canada, estime avoir tous les atouts nécessaires pour devenir le grand festival international de cinéma de Montréal, lui assurer un rayonnement permanent, un positionnement international unique et des retombées économiques importantes pour le Québec ». Ce projet que Daniel Langlois décrit ainsi avec tant de fierté passe donc par une programmation élargie et plus diversifiée.

Dès l’année prochaine, deux nouvelles sections seront ajoutées au festival. Les « Soirées Galas » présenteront des premières de films commerciaux très attendus afin d’attirer davantage le grand public. Aussi, le festival veut présenter une section « 1er au Box-Office ». Cette section présentera quant à elle des films locaux populaires de dix pays. Trop souvent le cinéma commercial est négligé dans les festivals, surtout le cinéma commercial étranger. L’ajout de ces deux sections semble très pertinent et sera tant bénéfique pour les spectateurs à l’affût de vedettes que pour le festival. Cette expansion devrait permettre au festival d’attirer un nombre accru de spectateurs et d’améliorer de beaucoup sa visibilité internationale.

Un peu plus haut, je parlais d’une meilleure cohésion entre les festivals et d’une meilleure éducation du public. Le festival semble ouvert à de telles idées, car à en croire le communiqué de presse, le festival a amorcé des pourparlers avec les Rencontres internationales du Documentaire de Montréal et les Rendez-vous du Cinéma québécois afin d’explorer de nouvelles formes de collaborations. De plus, dans le but de former le jeune public, le festival travaillera en étroite collaboration avec divers organismes d’enseignement dans le but d’offrir aux générations futures de cinéphiles une diversité accrue de choix cinématographiques.

Le Festival du nouveau cinéma a donc le vent dans les voiles. Il reste à voir si la SODEC et Téléfilm Canada donneront leur aval à ce projet très ambitieux.


Aaltra


Jonathan Doyle a lui aussi un article sur ce festival dans ce numéro ci (en anglais).

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Pierre-Alexandre Despatis D. poursuit des études de deuxième cycle en études cinématographiques à l’Université Concordia. Ses intérêts touchent principalement à l’étude de la réception et de l’acte de spectature au cinéma, ainsi qu’aux processus de lecture et de cognition de la narration filmique. Son intérêt pour les adaptations cinématographiques et les remakes explique sa dilection pour l'infame(!) remake de "Psychose". Les comédies musicales et les cinémas asiatiques (ainsi que les comédies musicales asiatiques) comptent parmis ses principaux champs d'intérêts au niveaux des genres cinématographiques.
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